Comment j'ai construit un site multilingue avec Claude Code

Retour d'expérience : construire un site Hugo en 6 langues avec Claude Code. Ce que l'IA rend possible — et ce qu'elle ne remplace pas.

Comment j'ai construit un site multilingue avec Claude Code

Le contexte

Je suis apprenti développeur de business numérique au CHUV, à Sion. Mon métier, c’est de comprendre les besoins business et de trouver les bonnes solutions techniques — pas de coder 8 heures par jour dans un IDE.

Quand j’ai voulu créer mon site portfolio, j’avais deux options : un template WordPress, ou quelque chose de vraiment sur mesure. J’ai choisi la deuxième option, avec Claude Code comme partenaire technique.

Mais — et c’est le point le plus important de cet article — ça n’aurait jamais fonctionné sans mes connaissances en informatique.

Ce que j’ai dû maîtriser AVANT de toucher à l’IA

Avant de demander quoi que ce soit à Claude Code, j’avais passé des mois à me former sur :

  • DNS et noms de domaine — comprendre comment davidmerki.ch pointe vers un serveur, les enregistrements A, CNAME, la propagation
  • Hébergement web — CloudPanel, SSH, SCP, permissions de fichiers, certificats SSL
  • Sécurité — HTTPS, headers de sécurité, protection contre les injections, bonnes pratiques OWASP
  • Protection des données — la LPD (loi suisse), le RGPD européen, ce que ça implique pour un formulaire de contact, un cookie analytics, un calendrier
  • Architecture web — la différence entre un site statique et dynamique, pourquoi Hugo, comment fonctionne un build, un deploy

Sans ces bases, j’aurais pu demander à Claude de générer du code parfait techniquement… et publier un site non sécurisé, non conforme, ou impossible à maintenir.

Pourquoi Hugo + Claude Code

Hugo est un générateur de sites statiques ultra-rapide. Pas de base de données, pas de serveur PHP complexe, des temps de chargement instantanés. Mais la courbe d’apprentissage est raide si on ne connaît pas les Go templates.

Claude Code m’a aidé à franchir cette courbe. Mon workflow :

  1. Je décris le résultat voulu (en français, dans mes mots)
  2. Claude analyse le code existant et propose une approche
  3. Je valide l’approche — parce que je comprends l’architecture
  4. Claude implémente le code complet
  5. Je teste et je vérifie que tout est correct (sécurité, accessibilité, performance)
  6. On itère jusqu’à ce que ce soit parfait

L’étape 3 est cruciale. Si je ne comprenais pas ce que Claude me propose, je ne pourrais pas valider. Et c’est là que la plupart des gens se plantent.

6 langues, dont 2 RTL

Le site supporte 6 langues : français, allemand, arabe, russe, chinois et hébreu. Les langues arabe et hébraïque utilisent l’écriture de droite à gauche (RTL), ce qui change complètement la mise en page.

Pour les traductions, j’ai créé avec Claude un script Python qui :

  • Lit le Markdown source en français
  • Préserve le front matter YAML et le HTML
  • Traduit via DeepL API (avec fallback Google Translate)
  • Protège un glossaire de 52 termes (noms propres, acronymes)

Le résultat : ~57 fichiers Markdown traduits automatiquement. Mais j’ai dû comprendre comment fonctionnent les API de traduction, les quotas, les fallbacks, et le système i18n de Hugo pour que tout s’assemble correctement.

Le système de réservation

Le plus gros morceau : un système de réservation complet intégré au site statique.

  • Calendrier interactif avec navigation mois par mois
  • Créneaux de 30 minutes, lundi-vendredi, 9h-19h
  • Synchronisation avec mon calendrier Outlook (parsing ICS + RRULE)
  • Validation en temps réel des formulaires
  • ~900 lignes de JavaScript

Claude Code a généré l’ensemble, y compris le backend PHP. Mais c’est moi qui ai dû comprendre comment configurer le CORS, sécuriser l’endpoint avec un token, déployer le PHP sur CloudPanel, et vérifier que le parsing ICS gère bien les fuseaux horaires suisses.

Les chiffres

Métrique Valeur
Fichiers total ~420
Templates HTML 91
Composants (partials) 23
Langues 6
Lignes JS (booking) ~900
Temps de build Hugo ~14s

Les outils que j’utilise

Je ne me cache pas : j’utilise l’intelligence artificielle au quotidien. Principalement deux outils :

  • Claude (Anthropic) — pour tous mes projets techniques. Claude Code en CLI pour le développement, Claude en conversation pour la réflexion et l’architecture. C’est mon outil principal.
  • Euria — pour les tâches plus classiques : rédaction, recherches, questions du quotidien. C’est une IA européenne, ce qui est un plus pour le respect des données.

Chaque outil a ses forces. Je n’ai pas de loyauté aveugle — j’utilise ce qui fonctionne le mieux pour chaque situation.

Ce que j’aurais fait différemment

  1. Commencer par le mobile. J’ai designé desktop-first et adapté ensuite. L’inverse aurait été plus efficace.
  2. Limiter les animations. 12 modules c’est trop. 4-5 bien choisis auraient suffi.
  3. Structurer les traductions dès le début. J’ai ajouté les langues après coup, ce qui a créé des bugs.
  4. Utiliser un CLAUDE.md dès le jour 1. Le fichier de configuration pour Claude Code fait une énorme différence.

Le vrai message

L’IA accélère énormément le travail technique. Elle remplace les heures de documentation, de Stack Overflow, de debugging syntaxique. C’est un outil fantastique.

Mais elle ne remplace pas la compréhension. L’IA n’a pas de conscience. Elle n’a pas la vue d’ensemble. Elle ne sait pas que ton certificat SSL va expirer dans 3 jours, que ton formulaire de contact n’est pas conforme à la LPD, ou que ton hébergement n’a pas de backup.

Il faut un humain qui comprend l’informatique derrière. Quelqu’un qui sait descendre dans le détail quand c’est nécessaire. Quelqu’un qui est curieux, qui veut comprendre le “pourquoi” et pas juste le “comment”.

C’est ça, mon métier de développeur de business numérique : avoir la vision d’ensemble ET la capacité de plonger dans les détails techniques quand il le faut.


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